Liseuse sous la couette est une scène intime presque clandestine, où la lumière ne révèle pas le monde mais le replie sur lui-même. Le papier de soie absorbe et diffuse le lavis, créant une matière fragile, vibrante, à la limite de la disparition. Rien n’est fixé : les formes tremblent, comme si la figure elle-même n’était qu’un souffle retenu.
Lire, ici, n’est pas se retirer du monde, mais en habiter un autre. Un monde de mots, sans contours fixes, où l’imaginaire ne se superpose pas au réel mais le remplace momentanément. La couette ne protège pas seulement — elle devient membrane, seuil entre deux espaces.
L’œuvre tient dans cette bascule : le corps est immobile, mais l’être se déploie. Ce qui paraît caché est en réalité en expansion. Le visible se dissout doucement dans la matière même du papier pour laisser place à l’espace invisible du langage.
Ce qui surprend au premier regard, c'est la diversité des formes et des techniques.
Tableaux, bandes dessinées, poupées votives, travail en volume…
Les œuvres sont suspendues à de frèles tiges d'acier, posées sur des supports instables, détachées des murs par de minces baguettes ou des fils de fer.
2026 Recompositions !
2026, Paris papier de soie, blisters plastiques, filets, pigments, colle, film bulle, câbles électriques
2026, Paris Des figures apparaissent, à peine saisissables. Ni tout à fait présentes, ni tout à fait absentes. Les matières filtrent, diffusent, retiennent la lumière autant qu’elles la laissent fuir. Les corps ne s’imposent pas : ils se suggèrent, se dérobent, se fragmentent... calque végétal, impression numérique, vernis, mylar, lavis, tulle...
2025 Cartonnages revival !
2025, Paris La remise à jour d’une série emblématique, Cartonnages, revival ! Les œuvres ne sont pas refaites, mais reprises et enrichies de nouveaux matériaux, qui leur donnent un nouvel environnement et renforcent leur profondeur visuelle autant que symbolique. Carton, filet, colle...
Ce qui surprend au premier regard, c'est la diversité des formes et des techniques. Tableaux, bandes dessinées, poupées votives, travail en volume…
Les œuvres sont suspendues à de frèles tiges d'acier, posées sur des supports instables, détachées des murs par de minces baguettes ou des fils de fer. Chaque thème est l'occasion d'inventions formelles surprenantes, de mises en espace et en lumière inattendues.
Mais ce qui fascine le regardeur c'est la simplification et la justesse des attitudes. Quelle que soit la richesse du dispositif, les formes sont travaillées, polies, simplifiée à l'extrême.
Il ne s'agit pas transmettre l'essence d'une attitude ou d'une situation. L'artiste ne dédaigne pas l'anecdote. Il s'agit plutôt de libérer la scène de tout ce qui ne concerne pas le regard de l'artiste : créer un dispositif où la forme, l'attitude et la situation représentées emplissent totalement la perception.
Nous ne sommes pas dans une logique de représentation mais de transmission. Par une mise en situation aussi sophistiquée qu’économe, Odile recrée et nous fait partager les conditions de sa perception et nous transmet son émerveillement face à un instant, une attitude, une lumière, une couleur.
Quelques fragments de plastique, de papier et de couleurs suffisent alors à retransmettre une stupéfaction, à restituer un sentiment d’étrangeté face à une scène apparemment ordinaire, à nous faire don d’un regard afin de partager l’étonnement de notre quotidien.