Petit voyage au pays de mon enfance se compose de bandes verticales de blisters suspendus, comme une suite d’images découpées, rangées, archivées. À l’intérieur de chaque cellule, des collages de papier de soie coloré et de matériaux hétérogènes composent de petits tableaux : fragments d’architectures, de végétation, d’objets, de silhouettes — autant de scènes miniatures. L’ensemble forme un paysage suspendu, fait de transparences et de répétitions.
Ici, le voyage n’est pas raconté comme un récit continu. Il apparaît au contraire comme une succession discontinue de souvenirs, d’éclats visuels, de détails insistants et de sensations isolées. Chaque blister agit comme une capsule : il prélève un moment et le conserve séparément, comme si la mémoire ne pouvait se transmettre qu’en fragments. Les images se juxtaposent sans hiérarchie, suivant le flux des souvenirs.
Les souvenirs deviennent ainsi des unités conditionnées, exposées comme des objets — dans une ambiguïté troublante entre tendresse personnelle et lieux communs, entre réminiscences vivantes et souvenirs convenus. L’installation fait du passé une archive fragile, lumineuse et fragmentaire, où l’enfance n’est pas retrouvée mais recomposée — par blocs, par flashes, par reliques, par clichés.