Suspendues comme des reliquaires fragiles, Les boîtes de Charles rassemblent des blisters plastiques transformés en boîtes d’entomologie. À l’intérieur : fragments, éclats, déchets, chutes de plastique recouverts de peinture pour verre. La lumière traverse ces micro-architectures et révèle textures, couleurs et reliefs.
Ce qui est enfermé dedans ressemble à un spécimen, mais provient du quotidien : emballages, plastiques, petits rebuts, miettes de civilisation. On croit d’abord reconnaître des insectes, des carapaces, des espèces, mais l’entomologie est fabriquée, inventée, poétique — comme si la boîte conservait non pas des animaux mais des traces d’un monde disparu, des survivances artificielles.
L’œuvre détourne le vocabulaire scientifique de la collection et de l’archive pour composer une nature devenue synthétique, une biodiversité de pacotille, produite par l’industrie puis re-sacralisée par l’art. Ces boîtes évoquent un musée du futur, où l’on conserverait des fragments industriels comme des fossiles. Elles ne montrent pas la nature mais ce que nous en faisons — une entomologie sans insectes, une archive sans origine, le rêve d’un naturaliste dans un monde où le vivant s’est retiré.