Les poulbOdiles se présentent comme une constellation de silhouettes légères, façonnées à partir de rebuts de plastique. Ces fragments ordinaires composent des corps en mouvement, aux postures furtives et familières. Landau, valise à roulettes, sacs ou objets encombrants deviennent autant d’extensions formelles des figures. La lumière traverse les matériaux, souligne leur transparence et fait vibrer leurs contours, donnant à l’ensemble une présence à la fois fragile et étonnamment incarnée.
Le regard circule d’une figure à l’autre, reconnaissant aussitôt ces gestes utilitaires propres à notre époque. Le spectateur se projette dans ces scènes discrètes : passants chargés, voyageurs pressés, personnel de la voirie. Sans pathos, avec une légèreté presque ludique, l’œuvre invite à une observation attentive du quotidien. On traverse ce théâtre social minimal comme on traverse la ville, porté par un sentiment de proximité silencieuse.
Ni héros ni portraits, les poulbOdiles incarnent les icônes dérisoires d’un monde standardisé et mobile. Issus de la consommation, ils en révèlent les paradoxes : des matériaux sans valeur produisent du sens, et même de l’empathie. La démarche artistique s’appuie sur cette économie de moyens pour interroger nos modes de coexistence. Entre humour discret et acuité sociale, l’œuvre esquisse le portrait d’une époque précaire mais obstinément vivante.