Les poires présente des figures féminines. Les corps sont clairement exprimés, mais traités avec une grande simplicité. Ils ne cherchent ni le réalisme ni l’anecdote. Les formes sont pleines, calmes, posées — offertes comme des présences plus que comme des images à interpréter.
Le papier de soie donne à ces corps une matière fragile, traversée de transparences. Les pigments, déposés en lavis, ne modèlent pas le volume de façon classique : ils suggèrent, laissent circuler la lumière, allègent la forme. La couleur n’accentue pas ; elle accompagne. Les figures semblent à la fois présentes et vulnérables, tenues dans un équilibre délicat.
Le dessin est lisible, mais sans insistance. Il retient une courbe, une masse, une posture. Le titre introduit un léger déplacement. Les poires n’est pas une métaphore appuyée, mais une manière de nommer autrement : une forme simple, familière, presque ordinaire. Le corps féminin est approché sans idéalisation, sans psychologie, sans mise en scène.
L’œuvre propose ainsi une image dépouillée du corps : ni symbole, ni narration, ni revendication. Une présence tenue dans une matière pauvre, légère, fragile — où la douceur de la forme n’efface jamais sa précarité.