Les ombres rayées fait apparaître des silhouettes traversées par des bandes, des stries, des interruptions. Les corps semblent présents mais empêchés : comme vus à travers un écran, une grille, un store. L’ombre n’est pas pleine ; elle est découpée par la lumière.
Le papier de soie, fragile et translucide, amplifie cet effet. Les pigments ne s’imposent pas : ils imprègnent, ils diffusent, laissant flotter la figure dans une matière légère. Les rayures structurent l’image : elles rythment la surface, fragmentent la présence, instaurent une distance.
L’œuvre évoque un monde filtré, où l’on ne voit jamais complètement. Les silhouettes deviennent des apparitions partielles — des présences réduites à des traces, à des passages, à des zones d’ombre. Les ombres rayées propose ainsi une image de l’humain soumis à l’effacement : visible, mais jamais entier.