Les dos vêtus présente une série de silhouettes féminines vues de dos. Les corps ne se donnent pas dans la frontalité du portrait : ils se tiennent dans le retrait, dans l’absence du visage. Ce sont des présences discrètes, mais intensément humaines — reconnaissables à une posture, à une inclinaison, à la chute d’un vêtement.
Réalisées en papier de soie, pigments et colle, ces figures apparaissent fragiles, traversées de transparences. Le vêtement y joue un rôle essentiel : il n’est pas un détail décoratif, mais une seconde peau, un signe social, une enveloppe. Il indique une époque, une situation, une manière d’être au monde.
L’œuvre déplace la relation au regard : on ne rencontre pas une identité, on perçoit une présence. Le dos devient un lieu de projection, de silence, de vulnérabilité contenue. Les dos vêtus propose ainsi une humanité sans spectacle : des figures tournées vers ailleurs, saisies dans une pudeur simple, où le vêtement et l’attitude protègent autant qu’ils révèlent.