L’île de Bikou prend forme à partir de papier de soie imprégné de pigments et assemblé par collage. Le titre renvoie au monde tropical et à ses territoires insulaires, où la mer et la végétation semblent se rejoindre, se mêler, se déborder. L’image ne cherche pas la description. Elle manifeste plutôt une sensation : un monde exubérant, saturé de couleurs, de lumière et de forces organiques.
Les pigments diffusent dans la matière comme une poussée, une prolifération. Les formes flottent, vibrent, se superposent, comme si l’île apparaissait moins comme un paysage que comme une énergie en mouvement. Ici, la nature n’est pas calme. Elle est vivante, excessive, presque incontrôlable, traversée de flux, de tensions et de métamorphoses.
Ce monde n’a rien d’un paradis. Il est traversé par une puissance vitale brute, débordante, parfois chaotique. Le collage fait surgir une géographie sensible : une île animée par le mouvement de l’eau, l’épaisseur du végétal, la chaleur des couleurs, la densité de la matière. L’île de Bikou devient alors la manifestation d’une présence élémentaire : un champ de pulsions, un territoire palpitant où la vie se déploie dans une intensité à la fois fascinante et inquiétante.