Présent sur-passé met en tension deux figures, deux temps. Sur un fond noir, un premier visage apparaît, brossé en blanc, presque effacé, comme une trace : une image ancienne, déposée dans la matière, déjà en retrait. Devant lui, un second visage se détache : en volume, coloré, posé au premier plan. Une présence plus vive, plus immédiate, comme une apparition.
L’œuvre ne raconte pas une histoire : elle construit un rapport. Le passé n’est pas derrière, il est dessous. Il affleure, persiste, insiste. Le présent vient s’y superposer, non pour effacer, mais pour recouvrir partiellement, déplacer le regard, imposer une nouvelle figure tout en laissant l’autre survivre. L’image se compose par strates, par couches successives, comme un palimpseste où chaque visage conserve la mémoire de l’autre.
Le papier de soie, par sa fragilité et ses transparences, accentue cette dimension spectrale. La mémoire devient matière, surface sensible, zone de passage. Deux visages coexistent, l’un fantomatique, l’autre incarné — comme si le temps, ici, se rendait visible : un présent posé sur un passé, une figure vivante dressée devant son ombre, dans une survivance fragile.