Dans Froissures, l’image semble travailler contre sa propre stabilité. Le tirage numérique sur toile n’est pas présenté comme une surface lisse : il est traversé par des plis, des tensions, des cassures. Le froissement n’est pas un accident secondaire ; il devient un principe de composition, une structure.
Mais ces plis ne sont pas seulement matière : ils sont aussi figuratifs. On y distingue des visages, des corps, des regards, comme pris dans la trame, retenus par les lignes de pliure. La figure humaine apparaît alors de manière instable, presque clandestine : elle se devine plus qu’elle ne s’impose, surgit puis se dissout.
L’œuvre met ainsi en scène une image vulnérable, travaillée par la déformation, comme si toute représentation portait en elle sa propre fragilité. Les froissures deviennent mémoire : elles plient l’image comme on plie un souvenir, et transforment la surface en lieu de tension.
Froissures propose une expérience troublante : celle d’une humanité inscrite dans les failles — des présences qui regardent depuis les plis, comme si le visage ne pouvait apparaître qu’au prix d’une altération.