Visages rassemble une série de tirages numériques où le visage apparaît comme un motif instable, recomposé, traversé par des altérations. Loin du portrait classique — stable, identifiant, psychologique — ces visages semblent soumis à des transformations : flous, superpositions, effacements, glissements. L’image hésite entre apparition et disparition.
Le tirage numérique introduit une autre matière que celle des collages et des assemblages : ici, le visage devient surface, trace imprimée. Mais la logique reste proche : celle du fragment et du filtre. Le visage n’est pas donné comme identité pleine ; il apparaît comme archive visuelle, image médiée, déjà travaillée par la reproduction.
Visages interroge ainsi ce que signifie “faire face” aujourd’hui : être visible, être reconnu, être exposé. Le visage devient un lieu de tension entre singularité et conformisme, entre présence et anonymat.