Bande de bancs ! rassemble des silhouettes assises, alignées comme une frise. Les personnages apparaissent pris dans la répétition d’un même motif : celui du banc public, lieu d’attente, de repos, de passage. La scène est simple, presque banale — mais elle devient, par accumulation, une image sociale.
Le banc structure les corps : il impose sa forme, sa longueur, sa dureté, sa posture. Il contraint la manière de s’asseoir, de se tenir, d’occuper l’espace. Le papier de soie et les pigments apportent des couleurs, des traces, des humeurs. Ainsi, chaque silhouette semble à la fois semblable aux autres et légèrement différente : un geste, une inclinaison, un abandon, une résistance.
L’œuvre évoque un monde urbain fait de voisinages silencieux : des êtres réunis sans se parler, proches sans se rencontrer. Bande de bancs ! compose ainsi une chronique du quotidien, où le collectif n’est pas un groupe soudé, mais une juxtaposition de solitudes.