Un atelier est un lieu vivant : un territoire fait d’accumulations, de matériaux en attente, de formes inachevées, de gestes interrompus. Rien n’y est stable : tout y circule, se déplace, se transforme.
L’atelier apparaît comme une réserve et comme une fabrique. On y rassemble des restes, des fragments, des matières pauvres — plastiques, cartons, papiers — destinés à être recomposés.
Un atelier est surtout une manière d’être au monde. Un rapport au réel fondé sur la récupération, le tri, l’attention portée à ce qui reste. L’atelier devient ainsi une mémoire matérielle, une archive du quotidien, où l’art commence bien avant l’œuvre — au moment où l’on regarde autrement ce qui était destiné à disparaître.