Dénudées, dénudé ! présente des corps réduits à l’essentiel : non pas des nus académiques, mais des présences dépouillées, ramenées à une posture, une tension, une ligne. Le papier de soie, mis en forme puis traversé de pigments, devient une peau fragile : surface translucide où le corps apparaît sans s’imposer, comme une trace.
Le dénudement n’est pas ici une exposition spectaculaire. Il est un retrait, un effacement du superflu. Le corps n’est plus protégé par le vêtement, mais il n’est pas non plus livré : il demeure partiellement indistinct, suspendu entre apparition et disparition. Les pigments indiquent plus qu’ils ne décrivent ; ils suggèrent un volume, une chair, une chaleur.
Le masculin et le féminin se répondent. Dénudées, dénudé ! n’oppose pas les genres : il les place dans une même fragilité. Ce que montre l’œuvre, c’est moins l’anatomie que la vulnérabilité commune — une présence nue, mais non spectaculaire, offerte dans une matière légère, presque immatérielle.