Avec Estompage !, l’image se construit dans une zone d’incertitude : elle apparaît sans s’affirmer, se forme tout en s’effaçant. Le papier de soie, mis en forme, froissé, tendu, devient une peau fragile où les pigments se déposent en traces légères, en nuées, en vibrations.
L’estompage n’est pas ici un effet de finition : c’est une méthode. Il transforme la forme en passage, la figure en sensation. Les contours ne fixent rien : ils laissent flotter. La matière retient la couleur comme une mémoire provisoire, et le regard doit accepter cette instabilité — voir ce qui s’esquisse, tout en voyant ce qui disparaît.
Estompage ! propose ainsi une image sans certitude, où la présence se mesure à son effacement : une œuvre faite de seuils, d’apparitions, de lumière retenue.