Geometria XXIIII / Informaticus est un diptyque en papiers de soie suspendus. Les deux images flottent dans l’espace, légères, traversées par la lumière. Présentées côte à côte, elles instaurent une relation faite d’opposition et de complémentarité. Deux visions du monde s’y répondent.
Geometria XXIIII s’appuie sur une interprétation d’une carte de tarot de la Renaissance. Sans reprendre son iconographie, l’œuvre en déplace le principe. Le dessin et la géométrie y organisent l’espace selon un ordre symbolique : le monde se construit par la ligne, par la composition, par une pensée du rapport entre les formes. Informaticus propose une lecture contemporaine. Deux personnages sont plongés dans des activités singulières, absorbés, concentrés. Ici, la construction du monde passe par le traitement de l’information. La géométrie devient fonctionnelle, opératoire, structurant l’espace comme un système d’actions plutôt que comme une image à interpréter.
Entre les deux panneaux, l’opposition est claire : dessin et informatique, symbole et traitement, composition et opération. Mais cette opposition est aussi une complémentarité. Les deux œuvres partagent une même fragilité matérielle — papier de soie, lavis, transparences — et une même suspension. Le diptyque ne tranche pas : il met en regard deux manières de fabriquer le monde, anciennes et contemporaines, tenues ensemble dans une tension ouverte.