Cartonnages, revival ! procède d’une remise sur le métier. Les œuvres ne sont pas refaites, mais reprises. Ce sont les mêmes formes que dans Cartonnages, retravaillées, déplacées, réengagées dans un autre ensemble de matériaux et de contraintes.
À l’origine, Cartonnages rassemblait des volumes construits à partir d’un matériau simple et ordinaire : le carton. Découpé, plié, collé, il était assemblé en formes autonomes. Le carton imposait sa logique — rigidité, fragilité, planéité — et la construction restait lisible. Rien n’était dissimulé : plis, jonctions, traces de montage faisaient partie de la forme. Une économie du geste et du moyen, où la simplicité produisait sa propre force sculpturale.
Le revival n’ajoute pas un commentaire, il ajoute des couches. Blisters plastiques, filets, pigments viennent se superposer aux volumes existants. Ces matériaux ne décorent pas : ils modifient le régime de visibilité. Ce qui était frontal devient partiellement filtré, enveloppé, mis à distance. La forme subsiste, mais elle est prise dans un système de protection, de membrane, de circulation.
Cette reprise introduit une tension nouvelle. À la lisibilité constructive du carton s’oppose désormais une logique de recouvrement et de conditionnement. Le regard n’accède plus directement à la forme : il doit composer avec des écrans, des trames, des transparences.
Cartonnages, revival ! affirme ainsi une continuité plutôt qu’une rupture. Une manière de revenir au même pour le déplacer. Une remise sur le métier où la sculpture minimale rencontre les dispositifs contemporains qui entourent aujourd’hui les formes : protection, emballage, visibilité contrôlée. Le travail se poursuit, autrement.