Une série de silhouettes, assises sur des bancs. Réalisées en papier de soie et blisters, découpées et assemblées en petits volumes, ces figures sont installées à hauteur de regard, réparties par groupes fixés au mur. Les bancs composent ainsi une frise urbaine : une suite de scènes ordinaires, prises dans la continuité du quotidien.
Les bancs publics sont des îlots isolés, des espaces un instant privés, perdus dans le flot tumultueux de nos rues. Dans ces lieux immobiles, surgissant au cœur d’un monde en mouvement, le temps, l’espace et les êtres prennent une autre dimension. Peut-être cette immobilité — cet écart, aussi minime soit-il — est-elle la seule manière de ressentir le mouvement du monde, de saisir le temps qui passe, sensations devenues inaccessibles aux passants immergés dans le flux continu.
Les ombres portées prolongent les silhouettes et créent une seconde scène, plus vaste, plus floue, presque fantomatique. Les bancs deviennent ainsi une chronique silencieuse de la ville : une communauté sans dialogue, faite d’attentes, de voisinages, de corps en suspens, pris entre mouvement et méditation du monde.